Dakar correspondance
Vision apocalyptique dans une rue de Dakar. Des hommes en bleu avec des masques à gaz, d'autres en orange munis d'un pulvérisateur relié à un gros camion, d'autres encore en tenue officielle marron, carnet de convocation à la main, investissent les maisons, les cabanes : ils la traquent. Les visages sont inquiets. «Est-ce qu'elle est là ?» demande un badaud. Elle, c'est la maladie : le choléra fait un come-back au Sénégal après huit ans d'absence. Depuis le début de l'épidémie, le 11 octobre, les cas ne cessent d'augmenter : 199 sont avérés dans la région de Dakar et le département de Bambey (région de Diourbel, Centre ouest) et on compte déjà deux morts. Dès les premiers cas, un dispositif d'urgence a été établi et le personnel de santé a été placé en état d'alerte.
Mouches et microbes. Sur le terrain, l'équipe d'Alla Ngom, chef de la brigade départementale du service d'hygiène de Dakar, s'affaire. Combiné à l'oreille, il lance les opérations. «Binôme 1, allez dans cette rue, Binôme 2, par là, et fouillez tout !» Gare à celui qui aurait un tas de détritus chez lui. Saer Diop, lui, a plus que cela : il a des camions à ordures remplis de détritus débordant même sur la voie publique. Un véritable nid à mouches, et à microbes. «Il faut combattre tout ça», lance d'un air désolé Alla Ngom. S'ensuivent une sommation de nettoyer et une convocation pour un cours d'hygiène.
Les opérations de désinfection touchent les maisons ayant abrité des malades, les quartiers j




