Alès, envoyé spécial.
Presque quarante ans après la fermeture de sa dernière mine, Alès pensait ne plus jamais avoir à se pencher sur son passé charbonneux. Il n'en est rien. Depuis plusieurs semaines, la ville est en émoi après l'apparition d'un phénomène particulièrement spectaculaire : l'entrée en combustion de deux terrils l'un immense, l'autre plus allongé situés en bordure de l'agglomération et devenus, au fil des décennies, partie intégrante du paysage de la commune gardoise.
Un paysage certes un peu triste pour le visiteur de passage, mais chargé d'émotion pour chacun des 100 000 habitants, dont tous, ou presque, sont reliés à la mine par au moins un parent. «Tout a commencé par un simple feu de forêt, le 26 juillet, enflammant plusieurs sapins qui avaient poussé sur les terrils, raconte Max Roustan, le député-maire UMP d'Alès. Le feu a vite été maîtrisé, et nous ne nous sommes pas inquiétés outre mesure. Trois semaines plus tard, le directeur du centre équestre de Rochebelle (situé au pied du crassier allongé, ndlr) m'appelle pour m'expliquer que les pins du terril en face du centre tombent comme des mouches.»
Jusqu'à 900 degrés.
Que se passait-il ? «Un phénomène impressionnant mais en vérité très classique», répond Yves Plaquette, un des rares spécialistes français de la combustion des anciens terrils (lire encadré). Comme tous les crassiers un peu vieux, le terril de Rochebelle est encore riche en charbon. «Lors de sa formation, fin XIXe début XXe, on triait le mi




