Les observations satellitaires de l'Agence européenne de l'environnement (EEA) donnent une image en grandeur réelle de l'évolution des paysages. Elles permettent de comparer la situation actuelle avec celle d'il y a vingt ans et de raisonner à l'échelle du continent européen, comme le souligne Jean-Louis Weber, chef de projet comptabilité environnementale et analyse spatiale à l'EAA.
Quels sont les résultats marquants de cette cartographie ?
Nous raisonnons sur les modifications des images vues du ciel. On constate un développement urbain des campagnes «l'étalement» , c'est visible aux Pays-Bas, dans l'est de l'Allemagne, dans le nord-est de la France, en Irlande ou en Italie. Ce que l'on voit corrobore d'autres études, comme ce qu'on appelle la nouvelle fracture sociale : les centres-ville sont colonisés par les «bobos», les villages qui étaient ruraux se dépeuplent de paysans et les habitants qui ont quitté les villes viennent y acheter ou construire des maisons. En Irlande, ce ne sont pas tant les gros centres urbains comme Dublin ou Cork qui ont augmenté, mais on remarque une urbanisation dispersée dans les zones rurales. On mesure également les effets de la PAC : des subventions ont été données aux agriculteurs pour qu'ils reboisent. Mais ils ne l'ont pas fait où on le pensait, ils reboisent les tourbières et non les terres agricoles : les considérations écologiques ne sont pas au premier plan.
Que penser de l'importante fragmentation du territo




