Montréal, de notre correspondante.
C'est la plus petite et la moins peuplée des provinces canadiennes (135 000 habitants). L'une des plus paisibles aussi. Située dans le golfe du Saint-Laurent à proximité du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Ecosse, l'île du Prince-Edouard fait rarement parler d'elle. L'attention grandissante que suscite le débat qui l'agite depuis quelques mois n'en est que plus remarquable. De quoi s'agit-il ? Purement et simplement de bannir de l'île la culture d'organismes génétiquement modifiés (OGM). Au Canada, troisième producteur et exportateur mondial de cultures transgéniques, où 60 % des produits vendus dans les supermarchés contiennent des aliments OGM, l'idée, forcément, intrigue.
Hauts cris. Le projet, qui divise les 1 800 agriculteurs de l'île, a été brutalement remis sur le devant de la scène en décembre par le Premier ministre de la province. Après une rencontre avec Percy Schmeiser (1), Patrick Binns s'est publiquement dit intéressé par les bénéfices économiques potentiels que représenterait l'interdiction de cultures OGM dans sa province. Le Premier ministre est passé outre les hauts cris poussés par une partie de la communauté agricole de l'île, qui a, un temps, redouté l'introduction d'une loi. En mars, lors d'un symposium sur l'avenir de l'agriculture, il a de nouveau justifié la tenue d'un tel débat. Patrick Binns a souligné notamment que le reclassement de l'île en zone non transgénique lui offrirait l'opportunité de se positionner de




