Cent quinze décès sur un total de cent vingt-trois cas recensés en l'espace de cinq mois : l'épidémie de fièvre de Marburg qui sévit en Angola depuis octobre s'annonce comme la plus sévère de l'histoire de cette foudroyante maladie virale, cousine d'Ebola. Les victimes sont essentiellement des enfants qui ont fréquenté le service pédiatrique d'un hôpital de la région d'Uige, dans le nord du pays. Cinq infirmiers sont également décédés. On redoute une extension du foyer de cette maladie extrêmement contagieuse, le cas d'un adolescent en provenance d'Uige ayant été signalé, cette semaine, à Luanda, la capitale du pays, à une dizaine d'heures de route d'Uige. Face à la gravité de la situation, Médecins sans frontières (MSF) a envoyé, vendredi, une équipe de dix-sept personnes qui travaillera en coordination avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et les services de santé angolais, en état d'alerte depuis que le laboratoire du Center for Disease Control (CDC, Atlanta) a confirmé, le 21 mars, que le virus de Marburg est bien à l'origine de l'épidémie.
Filovirus. La fièvre de Marburg est l'une des maladies infectieuses les plus mortelles si l'on en juge par le taux de létalité affiché lors de la précédente épidémie, au Congo, de 1998 à 2000 : 70 % des personnes infectées recensées sont décédées. Cette maladie est due à un virus de la famille des filovirus dont le seul autre membre est le virus responsable de la maladie d'Ebola. Après quelques jours d'incubation (3 à 9), il p




