Dakar correspondance
La situation devait être maîtrisée, elle a explosé. Le choléra infeste aujourd'hui presque tout le Sénégal : pas moins de 74 morts et environ 5 500 cas ont été recensés du 28 mars au 8 avril. Et, même si la maladie régresse, les inquiétudes croissent. En cause, la perspective, dans tout le pays, de manifestations religieuses pour célébrer le Maouloud (Gamou, en wolof) qui marque la naissance du prophète Mahomet. Prévu le 20 avril, ce pèlerinage va drainer des milliers de personnes surtout à Tivaouane (région de Thiès, à l'ouest du pays), principal fief de la confrérie musulmane des tidjanes.
Eaux douteuses. Déjà, le mois dernier, avant le Magal de Touba, qui commémore le départ en exil au Gabon en 1895 du cheikh Amadou Bamba, fondateur du mouridisme une des grandes confréries religieuses du Sénégal , le président sénégalais Abdoulaye Wade avait mis en alerte ses ministères : le choléra est à Touba et il faut l'enrayer avant la venue de plusieurs centaines de milliers de fidèles. Las ! A deux jours du pèlerinage, la maladie des mains sales ravageait la localité avec des pics de trente cas par jour, et les vendeurs d'eaux douteuses continuaient d'arpenter les rues de la ville sainte. Certaines voix réclamaient alors le report du Magal tandis que le calife général des mourides, Serigne Saliou Mbacké, recommandait publiquement à ses disciples de se conformer aux recommandations des services médicaux, s'affichant les mains savonnées près d'une bassine. En Ga




