Si tout se passe comme prévu, ce soir, tous les laboratoires ayant reçu par erreur le virus de la grippe H2N2 auront détruit leurs échantillons. Hier matin, seuls les Etats-Unis n'avaient pas encore fini ce nettoyage. «Ils ont encore un peu de travail à faire, constatait Klaus Stohr, spécialiste de la grippe à l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Ils ont au total plus de 400 échantillons à traiter, cela prend un peu de temps.»
Ravage. Il aura donc fallu trois semaines pour neutraliser ce virus potentiellement mortel et éviter la catastrophe. Le Canada a donné l'alerte le 26 mars après avoir détecté la souche H2N2 du virus de la grippe dans le flacon envoyé par le Collège des pathologistes américains. Ce virus n'a rien à faire là (Libération du 15 avril). Responsable de la grande pandémie de grippe de 1957, il ne circule plus depuis 1968 et reste confiné dans certains laboratoires, sous surveillance car la population née après cette date n'est pas immunisée. S'il s'échappait, le H2N2 risquerait à nouveau de faire des ravages. Or le laboratoire canadien n'est pas le seul à avoir reçu l'échantillon. Pour tester l'efficacité des systèmes de détection et les pratiques des laboratoires, le Collège des pathologistes américains a fait concocter un mélange mystère par la société Meridian Bioscience, et l'a fait distribuer à plus de 3 000 laboratoires répartis dans dix-neuf pays (dont la France, le Liban ou l'Arabie Saoudite). Une fois avertie, l'OMS exige que to




