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Libération

La grippe aviaire difficile à agripper

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Publié le 12/05/2005 à 2h08

La grippe aviaire tue encore, mais l'Organisation mondiale de la santé (OMS) perd la trace du virus. C'est la revue scientifique Nature qui tire le signal d'alarme (1), expliquant que l'OMS n'a pas reçu d'analyses de volailles contaminées depuis huit mois. «Et, sur les douzaines de patients qui ont contracté la souche mortelle du virus cette année, elle n'a obtenu que six échantillons», écrit le magazine. Apparemment, l'organisation de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) n'en sauraient guère plus et «partageraient peu» les échantillons qu'elles reçoivent, se plaint un membre de l'OMS à Nature.

«Fragmentaires». Jeu de pressions ? Règlements de comptes ? Une chose est sûre, les labos occidentaux aimeraient disposer de plus de matériel biologique et le font savoir. «Ce qui pose problème à ce stade de l'épidémie, souligne Christophe Paquet, de l'Institut de veille sanitaire, c'est que l'on perd un peu notre capacité à suivre l'évolution du virus à un moment où il semble être en train de se modifier.» Les tests de dépistage semblent moins efficaces sur les nouvelles versions du virus. «Mais, depuis deux ans, cela a toujours été très difficile d'avoir de manière rapide une diffusion du matériel biologique lorsque nous avons des cas suspects. C'est pareil pour le Sras (Syndrome respiratoire aigu sévère, ndlr).»

Problèmes logistiques, administratifs, politiques, scientifiques et conflits (ou manque) d'intérêt laissent l

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