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Libération

La piste de la lèpre rejoint la route des esclaves

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Publié le 13/05/2005 à 2h09

«Comment j'ai conquis la planète à dos d'homme : mémoires d'un microbe». Tel pourrait être le titre de l'article qui paraît aujourd'hui dans l'hebdomadaire Science, s'il ne s'agissait d'une recherche conduite par des généticiens de l'Institut Pasteur, éclairant l'épidémiologie de l'un des plus vieux fléaux de l'humanité : la lèpre. Cette maladie dont souffrent 2,8 millions de personnes est aujourd'hui confinée aux zones tropicales et subtropicales les plus déshéritées de la planète. La lèpre a néanmoins sévi, jusqu'à récemment encore, sur tous les continents, marquant ses victimes de difformités devenues synonymes, dans de nombreuses sociétés, d'opprobre et d'exclusion, voire de réclusion à vie (lire ci-dessous).

On sait, depuis 1873, grâce aux travaux du Norvégien Hansen, que la maladie est due à une bactérie, Mycobacterium leprae. En revanche, son origine géographique et les chemins par lesquels elle s'est taillé un empire mondial sont plus mystérieux. Grâce à une analyse fine du génome de la bactérie, l'équipe conduite par Marc Monnot et Stewart Cole (Institut Pasteur), associée notamment à Patrick Brennan (université du Colorado), propose un nouveau berceau (est-africain) pour ce fléau réputé d'origine asiatique. Les chercheurs démontrent que le commerce européen en Afrique, puis la traite des esclaves ont joué un rôle déterminant dans son introduction et sa diffusion en Afrique de l'Ouest, puis en Amérique.

Guerriers. Ces découvertes dessinent une migration de la lèpre tr

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