São Paulo de notre correspondante
Du jamais vu depuis neuf ans : entre août 2003 et août 2004, 26 130 km2 de forêt et de savane ont été détruits en Amazonie brésilienne, soit 6 % de plus qu'entre les mois d'août 2002 et 2003. Selon la ministre de l'Environnement, Marina Silva, cette hausse est liée à la croissance économique de l'an dernier (5,2 %), la plus forte en dix ans. Une croissance dopée par le boom des exportations agricoles du Brésil, et notamment de soja, premier poste à l'exportation et principal accusé.
Elevage. La culture du soja, qui a bondi de 50 % au Brésil depuis 2001, à la faveur de la hausse du cours mondial du grain, repousse l'élevage bovin dans la forêt quand elle ne détruit pas celle-ci pour s'y installer. Cette extension de terres agricoles aggrave d'autant plus la déforestation qu'elle stimule la demande foncière et donc la spoliation des terres publiques. Celles-ci sont défrichées pour être exploitées, ou tout simplement pour être vendues plus cher... Ainsi, le Mato Grosso, Etat du Brésil qui produit le plus de soja, a déforesté à lui seul 48 % de la surface totale défrichée, dont les deux tiers de façon illégale. Ex-militante écologique, Marina Silva, nommée en 2003 par le président Lula et membre comme lui du Parti des travailleurs, a pourtant lancé un plan de lutte contre le défrichement illégal de l'Amazonie, qui allie l'intensification du contrôle et de la répression des activités illégales à des mesures «structurelles» : création, dans la forêt




