São Paulo de notre correspondante
Le Brésil a renoncé à «casser» le brevet du Kaletra, antirétroviral (ARV) fabriqué par le laboratoire américain Abbott. Au terme de dix jours de négociations, le ministère de la Santé, qui traite à ses frais les malades du sida, a annoncé le 8 juillet avoir décroché une «réduction significative» du prix du Kaletra, qui lui permettra d'économiser 259 millions de dollars en six ans (215 000 000 euros). Le prix unitaire fixé dans l'accord n'a pas été rendu public, mais Abbott a précisé ne pas l'avoir baissé. Il n'y aura réduction que si le nombre de malades prenant le Kaletra augmente. Une conclusion heureuse pour les géants occidentaux de la pharmacie, qui craignaient par-dessus tout que le Brésil ne se décide à «casser» les brevets protégeant la molécule, comme les textes de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) le permettent.
Prix «congelé». Selon l'accord, la somme totale déboursée par le Brésil pour fournir l'ARV aux 23 400 patients qui le prennent aujourd'hui sera «congelée» pour les six ans à venir, même si leur nombre passe à 60 000, comme prévu au terme de cette période. L'accord vaut aussi pour la nouvelle formule du Kaletra, le Meltrex, qui sera lancée dans deux ans. La multinationale transférera la technologie du Kaletra à un laboratoire public brésilien, qui pourra copier l'ARV à l'expiration du brevet... en 2015.
Abbott s'est félicité de l'accord. Le ministère brésilien de la Santé aussi, qui pense garantir le maintien du program




