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L'immigration au secours de l'Europe

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Publié le 25/07/2005 à 3h04

Tours (Indre-et-Loire) envoyé spécial

Le Vieux Continent sauvé par ses nouveaux immigrés ? Jusqu'à présent, lorsque les démographes du monde se réunissaient en congrès, l'usage voulait qu'ils consacrent une journée de leurs travaux au pays hôte. Preuve qu'en ce domaine aussi l'échelon national ne suffit plus, les organisateurs du XXVe Congrès international de la population, qui s'est tenu à Tours (Indre-et-Loire) jusqu'à samedi, ont modifié la tradition et, jeudi, c'est sur l'Europe qu'un coup de projecteur a été porté. Venus de l'Atlantique à l'Oural (un Russe a mis six jours pour rejoindre Tours depuis Novossibirsk), les spécialistes n'ont pu que constater le risque d'un déclin démographique massif de la Vieille Europe, et encore plus de la Nouvelle. Une menace que, pour l'heure, seule la poursuite de l'immigration permettra d'atténuer.

Leader. Selon les projections d'Eurostat présentées par Serge Feld, de l'université de Louvain, l'Union perdrait 14,8 millions d'habitants d'ici à 2030 dans l'hypothèse d'une immigration zéro. C'est la conséquence de taux de natalité si faibles que le renouvellement de la population sera impossible dans deux tiers des pays membres, en particulier l'Espagne (- 1,6 million d'habitants), l'Italie (- 5 millions) et l'Allemagne (- 7,5 millions) : trois pays où le taux de natalité se situe entre 1,3 et 1,4 enfant par femme. A contrario, la France continue de tirer les fruits de sa politique familiale et de confirmer sa place de leader démographique

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