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Libération

Le repli des Pakistanais de Grande-Bretagne

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Leur intégration est ralentie par les mariages entre membres de la communauté.

Publié le 25/07/2005 à 3h04

«L'intégration est un concept chaotique, utilisé par beaucoup de personnes, mais dans des sens très différents.» C'est par cette définition un peu désespérée que Charles Hedges, responsable de la politique d'intégration au Home Office (ministère de l'Intérieur britannique), a entamé jeudi son intervention à la table ronde sur l'immigration en Europe. Au moment où il parlait, il ignorait encore la série d'explosions ratées qui a semé l'inquiétude à Londres ce matin-là. Mais, quinze jours après les attentats sanglants du 7 juillet, les questions suscitées par le profil des terroristes planaient sur le débat. «Ils étaient nés en Grande-Bretagne, parlaient bien anglais et on pouvait penser qu'ils étaient bien intégrés. Où nous sommes-nous donc trompés ?»

En marge de la discussion, le démographe anglais David Coleman, spécialiste des communautés immigrées en Grande-Bretagne, soulignait le repli de la communauté pakistanaise sur elle-même, plus marqué que dans les autres groupes ethniques. Plusieurs indicateurs semblent traduire cette difficulté d'intégration. «La réussite scolaire et le taux d'activité y sont très faibles, note-t-il. Seulement 50 % des personnes en âge de travailler ont un emploi et il n'y a que 20 % des adultes qui ne dépendent pas des allocations publiques.» Et ceux qui travaillent sont 22 % à le faire en indépendants, deux fois plus que les Indiens ou les Bengalis, précisent les statistiques officielles britanniques.

D'autres signes vont dans le même sens. Les f

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