Le projet de réforme du statut des parcs nationaux présenté par le gouvernement suscite l'inquiétude des associations de protection de la nature. Avant son examen par le Parlement à la rentrée, chaque samedi, zoom sur l'un des sept parcs nationaux. Aujourd'hui : le parc national des Pyrénées.
Autour de la table, la discussion s'emballe. «Si ça continue, on va se balader avec une carabine sous le bras», s'emporte Jeannot, entre deux phrases en patois. Ce berger de la vallée d'Ossau peste contre les vautours fauves, une espèce protégée qui, selon lui, n'hésite plus à attaquer les brebis et les vaches vivantes. «Un de ces jours, c'est un homme qui va se faire bouffer, après s'être fait une fracture ouverte dans la montagne», renchérit un autre éleveur. «Oh ! On n'est pas dans Lucky Luke», rit jaune un agent du parc national des Pyrénées, qui cherche à les raisonner. Après l'ours, les vautours constituent le sujet de polémique de la vallée. Moins sensible (lire encadré), mais il illustre autant les difficultés rencontrées par le parc à se faire accepter localement, quarante ans après sa création.
Longtemps, les rapaces n'ont posé aucun problème. Au début des années 60, il est apparu qu'il fallait agir. Certaines espèces sont alors au bord de la disparition, comme le gypaète, l'oiseau emblématique de la région, dont il ne subsiste alors que 5 couples. Plutôt que de recourir à une coûteuse réintroduction, comme dans les Alpes, le parc national décide de tout faire pour favoriser la




