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Arctique : les oiseaux prennent la pollution dans leurs ailes

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Publié le 11/08/2005 à 3h16

Montréal de notre correspondante

La découverte, dans les années 80, des premiers contaminants dans l'Arctique avait stupéfié la communauté scientifique, qui pensait cette zone polaire à l'abri du reste de la planète. Pourtant, venus des pays industrialisés du Sud (1), portés par les courants marins et les vents, des polluants organiques persistants (POP) y ont été localisés dans des proportions élevées. Peu enclins à s'évaporer en raison du froid, les POP, qui comprennent des produits chimiques industriels comme les biphényles polychlorés (BPC), des pesticides comme le DDT ou d'autres contaminants comme les dioxines, se fixent dans les organismes vivants et en particulier dans la chaîne alimentaire marine (phoques, bélougas, poissons...) où ils s'accumulent.

Dans un article publié le 15 juillet par Science, une équipe de chercheurs canadiens a mis en avant, pour la première fois, le rôle majeur des oiseaux de mer non seulement comme moyen de transport de ces polluants, mais aussi comme courroie de transmission de ces contaminants entre la chaîne alimentaire marine et l'écosystème terrestre.

Etangs. C'est sur l'île de Devon, la plus grande île inhabitée de la planète, à l'extrême nord du territoire canadien du Nunavut, que des biologistes et géologues des universités d'Ottawa, Kingston et Toronto ont effectué leurs travaux l'été passé. Sur les falaises de cap Vera, hautes de 250 mètres, vient chaque été nicher une colonie de plus de 20 000 oiseaux, des fulmars boréals (Fulmarus

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