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Le Tchad ne crie pas sa famine

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Publié le 15/08/2005 à 3h18

N'Djamena

de notre correspondante

Le médecin presse le dessus des pieds de l'enfant. L'empreinte du doigt reste visible plusieurs secondes. «Votre fils fait un marasme doublé d'un kwashiorkor, c'est-à-dire que des oedèmes se forment à partir des pieds pour remonter jusqu'au cou.» Le docteur Naïssem Sylvain, employé par Médecins sans frontières (MSF), explique en arabe local à la mère que son enfant est atteint de malnutrition aiguë sévère et qu'il va devoir l'hospitaliser au moins une semaine au centre nutritionnel thérapeutique. Lorsqu'il saisit le petit garçon pour la pesée, la peau de ses membres, extrêmement maigres, reste plissée. Il l'installe en bandoulière sur le siège de la balance, mais la tête, d'une taille disproportionnée par rapport au corps tout frêle, penche d'un côté. L'enfant, trop faible, n'a plus de muscles pour maintenir sa tête. «Quatre kilos, annonce l'infirmier. Ce garçon âgé de 1 an fait le poids de certains enfants à la naissance.»

Flaque boueuse. Devant le bureau de consultation, à l'entrée du centre, une cinquantaine de femmes, assises sur des nattes à l'ombre d'un nimier, s'affairent autour de leurs enfants. A quelques mètres, une gigantesque flaque boueuse signale la forte pluie de la nuit passée. Fin mai, ce centre a été installé par MSF à Klemat, quartier nord de la capitale tchadienne, N'Djamena, après la campagne de vaccination contre la rougeole, une maladie qui entraîne la malnutrition par infection des muqueuses.

Les équipes se sont vite aper

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