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Libération

Polémique nourrie entre ONU et MSF

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Brocardé pour son incapacité par l'ONG, le Programme alimentaire mondial se défend.

Publié le 12/09/2005 à 3h38

«Les distributions sont trop lentes, mal réparties, je n'ai jamais vu une aide aussi inadaptée», dénonce Isabelle Defourny, coordinatrice d'urgence à MSF France. Dans la zone de Maradi, au sud du pays, le nombre d'admissions dans les centres qui soignent les enfants souffrant de malnutrition aiguë ne cesse de croître, malgré la mobilisation internationale. Le 22 août, MSF France déclenche la polémique en publiant un communiqué critiquant sévèrement l'action du Programme alimentaire mondial (PAM), une agence de l'ONU, au Niger : les distributions de nourriture ne répondraient «ni en quantité ni en qualité à la gravité de la malnutrition».

Selon Giancarlo Cirri, représentant des Nations unies à Niamey, MSF «tente de soigner son image au détriment de ses propres partenaires, tout en risquant de compromettre des contributions financières en semant le doute sur leurs actions». Le «coup médiatique» de MSF, avec «ces images terribles d'enfants souffrant de malnutrition», est fondé, d'après lui, sur «des simplifications outrancières». Aux critiques sur la mauvaise répartition des distributions d'urgence, le responsable onusien rétorque que l'ONG confond la malnutrition aiguë des enfants, un problème structurel, avec la crise alimentaire conjoncturelle de cette année, due à la sécheresse et à l'invasion acridienne. Alors que les deux n'ont qu'une faible corrélation. «L'aide alimentaire seule, et surtout sous forme de distribution gratuite généralisée, ne résoudra pas les questions de

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