Bassens, envoyé spécial.
Des tueurs en série potentiels se tapissent en Gironde. Pour l'instant ils ne font rien. Mais ils se tiennent prêts, au cas où la grippe aviaire viendrait à pointer son bec en France. L'entreprise GT, située à Bassens (Gironde), a remporté l'appel d'offres lancé l'an dernier par le ministère de l'Agriculture, qui se savait incapable de gérer tout seul une éventuelle crise. Dans les entrepôts de l'entreprise, on trouve donc un étrange matériel. En veille.
Apnée. Les portes du camion s'ouvrent et on croit voir une grande penderie. Mais à la place des cintres pointent des crochets. De toutes tailles et de toutes formes, pour accueillir les volatiles contaminés. Une fois accrochés par la tête, ceux-ci seront plongés dans l'eau, électrocutés, lâchés sur un mini-toboggan puis vidés dans des bennes d'équarrissage. Sauf s'ils sont tués par l'autre méthode, au gaz, dans des containers remplis à 70 % de C02. Mais les canards étant capables de tenir sept à huit minutes en apnée, il a fallu construire la chaîne d'électrocution, pour ne pas perdre de temps. Les deux systèmes ont été achetés en Hollande. Celle au gaz a été testée en septembre sur 10 000 poules atteintes de la salmonelle. Avec succès. Enfin, s'il faut faire face à des dindes pesant plus de 30 kilos, il faudra procéder au gazage du bâtiment entier. Idem s'il n'y a pas suspicion mais certitude que la volaille est contaminée, de façon à ramasser des animaux déjà morts et ainsi limiter les risques sanita




