Effet manifeste du terrible fiasco qui a suivi Katrina : la grippe aviaire a brutalement rejoint les premières priorités de l'administration Bush, qui ne veut pas être prise au dépourvu en cas de nouvelle catastrophe. Le mois dernier, Bush a même annoncé qu'il était prêt à mettre des régions en quarantaine, avec l'appui de l'armée.
«Notre patrie». Hier, dans un discours moins martial et plus pédagogique, le Président a solennellement présenté sa «stratégie nationale pour la préparation et la réponse à la grippe pandémique» devant l'Institut national de la santé (NIH) de Bethesda, dans la banlieue de Washington. Le Président s'est gardé d'être trop alarmiste, même s'il puisait certaines expressions dans le vocabulaire antiterroriste qui lui est familier («ce danger pour notre patrie», etc.). Tout en rappelant qu'aucun oiseau contaminé n'avait encore été détecté sur le sol américain et que la maladie ne se transmettait pas encore d'humain à humain, George W. Bush a expliqué qu'il était de sa responsabilité de se préparer au pire. Le plan qu'il a avancé repose sur trois piliers : le renforcement des moyens de détection (un élément capital dans un pays dépourvu de système national de soins et où 50 millions de personnes n'ont pas de couverture santé) ; le stockage de millions de vaccins et de médicaments antiviraux et l'accélération du processus de développement de nouveaux vaccins ; la mise en place d'un plan d'urgence, coordonnant le travail des autorités natio




