Bruxelles (UE) correspondance
C'est un acronyme anglais de cinq lettres qui met en ébullition, depuis près de cinq ans, industriels et écologistes. Reach (1), le projet de législation européenne sur les produits chimiques, vise à instaurer, sur onze ans, un nouveau système d'enregistrement, d'évaluation et d'autorisation. Environ 30 000 substances fabriquées dans des quantités dépassant une tonne par an seraient enregistrées et testées pour vérifier leur toxicité sur l'environnement et la santé afin d'éliminer les plus dangereuses. Le texte doit être voté aujourd'hui en première lecture par les eurodéputés à Strasbourg. Retour sur ce que tout le monde s'accorde à décrire comme l'une des plus grandes opérations de lobbying de l'histoire européenne.
Dès le départ, les deux camps écologistes et industriels ont compris que la bataille serait rude. Car Reach porte sur des enjeux très concrets. Cosmétiques, produits d'entretien, peintures, vêtements, moquettes, téléviseurs... sont parfois lourdement «chargés». En février 2001, l'exécutif européen publie un livre blanc qui décrit les grandes lignes du projet. Les écologistes applaudissent, les industriels contre-attaquent. Officiellement, ils soutiennent les «objectifs» du projet et veulent seulement le rendre «praticable». Mais comme le souligne un responsable du Fonds mondial de la nature (WWF), «les industriels ne sont pas bêtes, ils savent qu'ils ne peuvent pas attaquer de front un projet reposant sur des objectifs aussi




