Nantes de notre correspondant
Six ans après la marée noire provoquée par l'Erika, les producteurs de sel de Guérande attendent toujours. Le Fonds d'indemnisation des pétroliers (Fipol) refuse de leur verser quoi que ce soit. Le 12 décembre, six années jour pour jour après le naufrage à la sortie du rail d'Ouessant, au large du Finistère Sud, du pétrolier affrété par Total, les producteurs de sel ont déposé lundi au tribunal de Saint-Nazaire leur dossier d'argumentation dans le contentieux d'indemnisation avec Steamship, l'assureur du navire, et le Fipol.
Usine. Pour justifier son refus d'indemniser la coopérative des paludiers regroupant 188 producteurs artisanaux, le Fipol a reproché aux producteurs d'avoir fermé leurs vannes afin de protéger les 2 000 hectares de marais salants et d'avoir délibérément choisi de ne pas produire l'été suivant le naufrage. Pour la perte de la récolte, les dégâts d'image et la remise en état de surfaces sensibles des marais après un an de jachère, le préjudice revendiqué par la coopérative atteint 7 millions d'euros. Argument du Fipol : pour être indemnisés, les paludiers auraient dû remettre leur marais en eau et faire valoir d'éventuelles pollutions. «C'est une aberration, dit Olivier Péréon, président du Syndicat des paludiers affilié à la Confédération paysanne. Risquer de faire entrer une eau polluée, ce n'était pas seulement risquer de polluer une partie de la récolte de sel, c'est tout notre environnement, nos exploitations, qui se seraie




