Il a beau ressembler à une grosse peluche rousse, l'orang-outang est très menacé. Ce n'est pas une nouveauté, mais, pour la première fois, une étude génétique confirme l'effondrement démographique de ces grands singes asiatiques et montre qu'il est récent. Il correspond à l'arrivée des pratiques massives de déforestation.
On possède beaucoup d'informations sur la démographie des gorilles et des chimpanzés. Beaucoup moins sur les orangs-outangs, difficiles à observer en liberté. Aujourd'hui, on ne trouve des orangs-outangs que dans le nord de Sumatra et à Bornéo. Ils survivent dans des zones isolées fragmentées, menacés par le braconnage, le commerce d'animaux de compagnie et la déforestation. Car les grandes plantations d'huile de palme remplacent la forêt tropicale.
«Echantillonnage». La population serait ainsi tombée de 315 000 vers 1900 à 27 000 en 1997. En 2002, environ 2 000 de ces primates avaient été découverts à Kalimantan, la partie indonésienne de Bornéo, ce qui augmentait la population de 10 % d'un coup. Mais ce genre de bonnes nouvelles est très rare. Les spécialistes prédisent plutôt une disparition de l'orang-outang en milieu naturel pour 2020.
L'étude de Lounès Chikhi, du CNRS, et de Benoît Goossens de l'université de Cardiff, en Ecosse (1), apporte un nouvel éclairage sur cette démographie. Aidés de Marc et d'Isabelle Ancrenaz, qui s'occupent de protection des orangs-outangs en Malaisie, ils ont «échantillonné» de manière non invasive plus de 200 individus : en




