Bangkok de notre correspondant
Déjà source de grosses inquiétudes en ce qui concerne le sida, la Birmanie est aujourd'hui le point noir de l'Asie du Sud-Est en lutte contre la grippe aviaire. Début avril, He Changchui, représentant de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) pour l'Asie-Pacifique, a rapporté que la situation y était «plus sérieuse qu'on ne l'imaginait», précisant que «plus de 100 élevages sont contaminés». Le 13 mars, les autorités avaient annoncé un premier foyer de contamination dans le district de Pyigyidagun, dans la province de Mandalay. Mais, au cours de deux missions le mois dernier, des experts de la FAO ont constaté que 12 districts dans les provinces de Mandalay et de Sagaing ont été placés sous contrôle et qu'un demi-million de volailles ont été abattues. Dirigée depuis quarante-quatre ans par une junte, la Birmanie exerce un contrôle paranoïaque sur tous les médias, ce qui ne facilite pas la diffusion de l'information sur la grippe aviaire. «Les gens ne sont pas conscients des risques», relève He Changchui. Un fait aggravé par la pauvreté. La Birmanie dispose d'un faible nombre de médecins et de vétérinaires qualifiés et d'aucun équipement pour effectuer des tests. Et dans ce pays où une majorité des habitants vit au jour le jour, il faudrait pouvoir indemniser immédiatement les paysans pour l'abattage sanitaire de leurs poulets. Mais l'isolement que connaît la Birmanie du fait de sa répression systématique des d




