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Libération

Une ourse lâchée dans la nuit

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Publié le 26/04/2006 à 21h02

Arbas envoyé spécial

La réintroduction dans les Pyrénées de Palouma, la première des cinq ours slovènes à rejoindre ces montagnes, aurait pu avoir les couleurs d'un joli conte écologique, hier à Arbas (Haute-Garonne). Elle a été bloquée au dernier moment par une cinquantaine d'opposants à l'opération, qui, cachés derrière des arbres à quelques dizaines de mètres du couloir aménagé pour permettre à l'ourse de sortir de son camion, ont manifesté si bruyamment leur hostilité à l'animal qu'il a été décidé de mettre celui-ci «en sécurité pour un moment».

L'énorme barnum médiatico-policier mis en place tout au long de la journée par la ministre de l'Ecologie a été, momentanément, réduit à néant. L'ourse devait peut-être être lâchée dans la nuit. Plus discrètement. «J'ai honte de leur comportement, s'est emportée Nelly Olin en évoquant les manifestants. C'est un comportement d'ânes et d'imbéciles.» De quoi encourager le difficile dialogue entre pro et antiours...

«Ecolos de salon». Quelques heures plus tôt, pourtant, celle-ci se montrait conciliante. «Je suis disposée à entendre l'inquiétude des bergers et des éleveurs, expliquait-elle sur la place du village transformée en place forte. Ma porte a toujours été ouverte, mais les opposants à l'ours ne l'ont jamais poussée.» L'heure est alors à la fête. Devant la mairie, des enfants distribuent un poème à la gloire de la bête. Des chansons de Renaud, le parrain de l'ours, sont diffusées. Journalistes et gendarmes se bousculent. Sur le po

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