«L'Algérien avance, le désert recule.» Le slogan, en ces années de postindépendance, fit un succès. Le chantier lancé par le président Houari Boumediene en 1969 était, il est vrai, pharaonique : un «barrage vert» de 3 millions d'hectares, une barrière d'arbres de 1 200 kilomètres de long sur 20 de large, devait protéger le nord de l'Algérie de l'inexorable avancée du Sahara. Près de quatre décennies plus tard, Alger est désignée par l'ONU capitale de l'Année des déserts et de la désertification, dont le 17 juin est la journée mondiale.
Plus vaste pays d'Afrique après le Soudan, l'Algérie est concernée au premier chef. Une grande partie de son territoire 84 % est recouverte par les sables du désert le plus grand et le plus aride du monde : le Sahara, vieux d'au moins 7 millions d'années. Mais, si ses sites magiques font rêver, la désertification y prend des allures inquiétantes : près de 13 millions d'hectares du pays sont menacés par l'avancée du désert, tandis que 32 millions d'hectares de la zone steppique sont en danger de désertification, suscitant l'inquiétude quant à l'avenir de plus de 7 millions de personnes, dont la majorité vit de l'élevage.
Palmeraies. «Le désert avance, l'Algérien recule », résume aujourd'hui un expert algérien de l'aménagement du territoire. Le temps est loin, en effet, où l'armée mobilisa 20 000 recrues du service national pour réaliser le fameux « barrage vert » sur la steppe et les hauts plateaux, à 150 kilomètres au sud d'Alger. Si les tra




