Bordeaux de notre correspondante
Campé devant l'enclos des brebis, un chiot blanc de 8 semaines aboie face à l'intrus. Il ne connaît pas les caresses, le geste l'effraye. Il recule tout en donnant de la voix, et se blottit au milieu des bêtes. En même temps que l'ours, une autre espèce a fait un retour plus discret dans les Pyrénées : le chien patou. Utilisée pour la protection des troupeaux, cette race 100 % pyrénéenne, avait quasiment disparu. On en compte aujourd'hui 66, surveillant les troupeaux qui estivent tout l'été dans les pâturages en altitude.
55 kg et 70 cm de hauteur
C'est pendant cette saison, lorsque les brebis sont moins protégées, et l'ours en quête de nourriture pour soigner sa ligne avant l'hiver, que les risques sont les plus importants. Massif, avec ses 55 kilos et ses 70 centimètres de hauteur, le grand chien blanc veille. Il a un lien très étroit avec les bêtes. Prêt à aller jusqu'au bout pour repousser les prédateurs. Né dans la bergerie et issu de parents eux-mêmes chiens de protection, le patou passe toute sa vie avec les moutons. Séparé tout jeune de sa fratrie, il grandit seul au milieu du troupeau et reporte son affection sur les animaux. Même les membres de la famille ou les autres chiens sont tenus à l'écart. C'est là que se crée l'attachement du chiot au troupeau, et réciproquement, que les brebis acceptent sa présence. «On voit souvent les brebis venir au contact du chien, le lécher ou lui chercher les puces, s'amuse Maurice Puysségur, je




