Yaoundé (Cameroun) de notre correspondante
A quel genre d'Etat a-t-on à faire ? Les Camerounais se posent cette question depuis que le ministère de l'Environnement et de la protection de la nature (Minep) a fait jeter 5 600 litres de chlore dans l'océan, le 7 juillet. L'opération aurait dû se faire ni vu ni connu. Mais elle a mal tourné : un des militaires chargés de la mener a été tué, au moins une dizaine d'autres blessés.
Tout a commencé il y a un an, en août 2005 : un industriel de Douala, la capitale économique, cherche à se débarrasser de sept fûts de 800 litres de chlore. Pour 240 000 FCFA (près de 366 euros), des sapeurs-pompiers acceptent de les «neutraliser». Mais ils ne trouvent rien de mieux que de les déposer à l'entrée de Nkapa, un village situé à quelques kilomètres de Douala.
«Corrosion avancée». Les habitants se rendent vite compte de la nocivité du dépôt : des émanations toxiques s'échappent des bidons. «Les fûts étaient dans un état de corrosion avancée, leur contenant était périmé. La végétation a été détruite sur un rayon de 15 mètres», explique Sylvie Poumiba, de Bocom International, une société spécialisée dans le traitement des déchets industriels, installée à Douala. Avec d'autres, elle a averti que, si ces barils explosent, ils risquent de provoquer des dégâts «sur des centaines de kilomètres».
Après plusieurs mois, la presse nationale se fait écho de l'affaire et des plaintes des habitants. Ces derniers menacent de barrer un grand




