Pour Laurence Tubiana, directrice de l'Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri), il faut rapidement évaluer les services rendus par la biodiversité pour mieux réparer les dégradations faites au nom du développement.
Peut-on concilier développement et sauvegarde de la biodiversité ?
Il faut d'abord reconnaître qu'il existe de véritables conflits d'intérêts autour de la conservation de la biodiversité, des conflits qui se situent à la fois dans l'espace et le temps, du fait de l'extension urbaine, de l'agriculture intensive, des activités forestières et minières. Un habitant sur cinq vit dans une ville ; en 2030, ce sera un sur deux. Cela se traduit par une demande croissante de matières premières, y compris en matière de biodiversité. Par exemple, la demande de pharmacopée traditionnelle de la part des pays occidentaux a provoqué un déséquilibre : la cueillette excessive a fait disparaître des plantes de montagne au Népal. La question amazonienne illustre parfaitement le conflit d'intérêts dans le temps : la communauté internationale considère ce bassin comme un régulateur global du climat, donc à préserver absolument. Il faut trouver un statut pour l'Amazonie et l'articuler avec les intérêts des populations locales comme les seringueros (récolteurs de caoutchouc, ndlr).
De quelle manière ?
On ne pourra pas surmonter cette contradiction sans réfléchir aux modalités de croissance que l'on souhaite. Il faut donner une valeur marchande




