«Le Canada n'a pas été à la hauteur dans la lutte contre le réchauffement de la planète» : après dix-huit mois d'enquête, la commissaire canadienne à l'Environnement, Johanne Gélinas, qui dirige un organisme de contrôle dépendant du Parlement, vient de déposer un rapport cinglant : il critique sévèrement les libéraux, au pouvoir de fin 1993 à janvier 2006, et presse les conservateurs qui leur ont succédé d'agir dans les plus brefs délais. Voilà qui ne manque pas de sel puisque le nouveau gouvernement laisse clairement entendre qu'il ne veut pas poursuivre le processus de Kyoto après 2012. Le Canada, pourtant encore signataire, veut privilégier une approche non contraignante et se rapprocher des Etats-Unis. Selon Johanne Gélinas, le pays n'est déjà plus en mesure d'atteindre la cible fixée par Kyoto, soit la réduction de 6 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) par rapport à 1990 : ces émissions ont en effet progressé de 30 % ! Principale cause : l'exploitation des sables bitumeux dans la province de l'Alberta. Le gouvernement fédéral a réagi ce week-end en annonçant un plan musclé pour lutter contre les changements climatiques. Il sera rendu public le mois prochain.
La province du Québec ne l'a pas attendu, qui a déposé le sien en juin. Québec et Ottawa ne s'entendent pas du tout sur la façon de lutter contre les changements climatiques. Le Québec, très pro-Kyoto, estime qu'il a déjà fait beaucoup d'efforts, réclame que cela soit pris en considération et refuse




