Sindia Kafgun (Sénégal) envoyée spéciale
Il a fière allure avec son bâton et son aspirateur en main. Guerrier des temps modernes, Georges Diatta traque depuis quinze ans dans les terriers l'Ornithodoros sonrai, une tique responsable de la borréliose maladie bactérienne courante en Afrique de l'Ouest qui se gorge de rongeurs tels que le rat ou les souris. Ce docteur sénégalais en biologie animale fait partie d'une équipe de l'Institut de recherche pour le développement (IRD), basé à Dakar, qui cherche à comprendre et à vulgariser cette maladie encore méconnue, même par les professionnels de la santé.
Dans la case de santé du village de Sindia Kafgun, à 70 km au sud de Dakar, le registre affiche de nombreuses plaintes similaires : forte fièvre, mal de tête, grande fatigue, anémie... Et toujours le même diagnostic : paludisme. C'est là le grand problème de la borréliose : elle vit dans l'ombre du paludisme (Libération du 15 juillet). «Elle a un tableau clinique similaire à celui du palu, du coup elle est généralement confondue avec cette maladie. On la diagnostique en observant les borrélis sur une goutte épaisse de sang prise au moment du pic fébrile. En dehors de ça, il n'est pas facile de les détecter, voire impossible», explique le docteur Diatta.
L'agent de santé du village, une matrone, reste perplexe devant son panneau de recommandations accroché au mur de la case. Tous les symptômes inscrits (vomissements répétés, léthargie, délire, forte fièvre,




