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Interview

«Eradiquer une invasion peut avoir des effets inattendus»

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Eric Vindimian, du ministère de l'Ecologie, fait le bilan d'une enquête sur les espèces invasives qui migrent hors de leur écosystème d'origine

ParLaure Espieu
Moliets envoyée spéciale
Publié le 03/11/2006 à 23h57

Les introductions d'espèces animales et végétales sont aujourd'hui la deuxième cause d'appauvrissement de la biodiversité. Durant six ans, 80 chercheurs de toute la France ont travaillé sur un programme intitulé : «Invasions biologiques». Mi-octobre à Moliets, dans les Landes, les scientifiques dressaient un premier état des lieux autour d'une trentaine de cas concrets. Rencontre avec Eric Vindimian, chef du service recherche et prospective au ministère de l'Ecologie, qui a piloté ce programme.

Quel est l'état des connaissances sur les invasions biologiques ?

Il n'existe à ce jour ni recensement, ni cartographie. Il y a des cas très connus, comme les lapins en Australie, mais on en découvre aussi énormément d'autres. En fait, il n'existe même pas de définition exacte des espèces invasives. Certaines peuvent le devenir dans un contexte et pas dans l'autre, et nous ne savons pas le prédire. Il est donc difficile de prévoir les conséquences d'une introduction, car les nuisances sont d'ampleur variable, liées à la compétition, à la prédation, ou à des transferts parasitaires. On est obligés de traiter la question au cas par cas. D'autant qu'après un certain temps, il y a des espèces qui se banalisent et ne posent plus de problème.

Y a-t-il un accroissement du phénomène ?

Oui, sensiblement, car avec la mondialisation, les échanges augmentent et la fréquence des introductions aussi. Les écosystèmes ont toujours évolué. Mais, aujourd'hui, cette dynamiq

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