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Les gorilles dans l'arbre généalogique du sida

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Publié le 09/11/2006 à 0h01

Martine Peeters et Eric Delaporte sont tels ces généalogistes qui épluchent les archives et réunissent les cousins dispersés afin de dessiner le profil de leurs ancêtres. Cependant, Peeters et Delaporte sont épidémiologistes (IRD, université de Montpellier), l'histoire qu'ils tentent d'écrire est celle de la lignée d'un virus, le VIH-1, leur terrain est l'Afrique centrale, leurs archives sont terrées dans des crottes de singes, et leur recherche est une affaire de santé publique. Il s'agit de savoir quels sont les animaux «réservoirs» des formes du VIH-1 et de découvrir s'il existe des «cousins» du VIH susceptibles de passer à l'homme.

Maillon. Les deux chercheurs, qui ont travaillé en collaboration avec une équipe internationale, notamment camerounaise, relatent dans la revue Nature la découverte d'un maillon de la genèse du sida. Depuis plusieurs années, il est établi que le virus du VIH-1 est issu d'une combinaison de deux virus, passés de deux espèces de petits singes au chimpanzé (leur prédateur), puis du chimpanzé à l'homme. Il y a quelques mois, Peeters et Delaporte précisaient cette histoire. A force d'analyses génétiques de virus retrouvés dans des excréments de singes (seul matériel «prélevable» sur ces animaux difficiles à atteindre), ils découvraient que des chimpanzés du bassin du Congo sont le réservoir du variant «VIH-1, groupe M», à l'origine de la pandémie mondiale, ainsi que du variant «VIH-1, groupe N», moins fréquent. Restait à trouver le réservoir

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