Un rapport de la FAO, publié la semaine dernière, note qu'entre 1990 et 2005 le monde a perdu 3 % de son couvert forestier. La situation reste mauvaise, selon l'organisme international qui reconnaît néanmoins quelques efforts de gestion de pays comme la Chine ou l'Inde. Un nouveau conflit vient cependant d'éclater en Finlande entre écologistes (dont Greenpeace) et compagnies forestières sur l'exploitation des forêts anciennes en Laponie. Ce désaccord montre que peu de régions sont épargnées par la déforestation. C'est ce que révèle dans son livre (1) Emmanuelle Grundmann, primatologue et auteure d'une thèse sur la réhabilitation et la réintroduction des orangs-outans : elle décortique l'histoire des déforestations et en analyse les conséquences.
Qu'est-ce qui vous a amené à passer de l'étude des grands singes à celle des forêts ?
Les grands singes vivent dans des forêts qui rétrécissent. Un jour à Bornéo, après avoir participé à un relâcher d'orangs-outans dans la nature, nous sommes repartis en hélicoptère. Au début, c'était une forêt superbe, creusée petit à petit par d'énormes plaies des pistes pour le débardage du bois ou des grumes. Puis la forêt primaire laissait la place à d'immenses étendues monotones de palmiers à huile.
Les orangs-outans que l'on récupère sont issus du trafic parce qu'ils perdent leur habitat : ils se retrouvent près des routes ou des villages, viennent se nourrir dans les plantations et se font capturer. Tout est lié. La destruction des forêts est un




