A quoi ressemblera la Politique agricole européenne (PAC) du futur ? Le débat a été lancé, hier, par la présidence française de l'Union qui avait réuni à Annecy les ministres de l'agriculture des Vingt-Sept pour un conseil informel. «Soyons francs, nous savons que nous ne sommes pas tous d'accord sur la PAC. Raison de plus de prendre du temps pour s'écouter, se respecter et se comprendre», a déclaré le Français Michel Barnier en préambule. Quatre heures après, le tour de table lui a donné raison.
Remis à plat. Pour Paris, l'enjeu est primordial. L'Europe consacre 50 milliards d'euros par an à ses agriculteurs, 40 % du budget communautaire. Et la France, qui récolte près de 10 milliards, en est la première bénéficiaire. Mais, en 2013, le budget de l'Union sera remis à plat et la PAC risque d'en faire les frais. La France a voulu prendre les devants pour éviter que l'avenir de l'agriculture européenne ne se réduise à une bataille de gros sous. Barnier a tenu à rappeler que l'agriculture était la seule politique où les Etats européens avaient mis tout leur argent en commun. «Si on faisait pareil dans le domaine de la recherche et du développement, le budget communautaire représenterait quatre fois celui de la PAC.»
La crise alimentaire redistribue aussi les cartes. Pour nourrir les 9 milliards d'habitants que comptera le monde en 2050, il va falloir multiplier par deux la production agricole, souligne le document de réflexion de la présidence française. Et le




