Entre 10 000 et 50 000 sans-papiers vivent en Suède. Les statistiques sont approximatives. Ils pourraient être 100 000. Aucun n’a le droit de travailler. Pourtant, un agent d’entretien sur dix dans le pays n’a pas de papiers, à en croire le syndicat Fastighetsanställdas Förbund. Ils sont nombreux aussi dans les secteurs du bâtiment et de la restauration. En situation irrégulière, ces travailleurs de l’ombre sont souvent à la merci d’employeurs peu scrupuleux.
Pressés d'intervenir par les associations qui leur viennent en aide, les syndicats ont enfin décidé de se mobiliser, en ouvrant début septembre un centre d'accueil et d'information à Stockholm. «Nous ne demandons pas d'amnistie, ni de réforme de la loi sur l'immigration, mais l'application du droit du travail et des accords collectifs», explique Samuel Engblom, juriste auprès de la confédération des employés, Tjänstemännens Centralorganisation (TCO). Le problème, précise-t-il, «c'est que l'Etat dit à ces gens qu'ils ne peuvent pas rester en Suède et qu'ils n'ont pas le droit de travailler, mais on ne les expulse pas et on ne leur verse aucune aide pour vivre». Reste alors le travail au noir : un secteur où les sans-papiers n'ont souvent aucun droit, même s'ils paient leurs impôts. Ce centre devrait «leur redonner un peu de dignité», espère Yacine Asmani, coordinateur du mouvement des sans-papiers à Stockholm. Les locaux sont offerts par le Syndicat des ouvriers du bâtiment.
Engblom assure que ce




