L'équipage de Greenpeace ne m'a pas attendue pour démarrer son expédition. L'Arctic Sunrise a commencé à sillonner le grand nord dès la fin du mois de juin. Un mois plus tard, fin juillet, les cinq scientifiques qui se trouvent à bord du navire publiaient leur premier rapport. Plutôt inquiétant : le glacier Petermann, situé au nord-ouest du Groenland, menace de rompre à tout instant. Depuis leur arrivée au chevet du géant, le 28 juin, l'équipe de scientifiques a mitraillé la montagne de glace pour reconstituer le mouvement de ses plaques. Deux caméras ont pris plusieurs photos par minute depuis un poste d'observation situé à 960 mètres sur les falaises qui le surplombent. Cela donne un diaporama impressionnant où rien ne semble pouvoir arrêter l'avancée des glaces.
Piscine. Des échantillons de l'épaisseur de la glace ont été prélevés et les instruments de mesures indiquent que la couche est encore plus fine que prévue. Chaque été, quand les glaces fondent, elles alimentent des milliers de canaux et de lacs d'eau de fonte qui circulent à la surface des glaciers. Au début de l'été, les scientifiques ont eu la surprise de découvrir une large rivière de 16 kilomètres de long, filant au cœur du Petermann. A son extrémité, elle plonge en tourbillonnant à l'intérieur même du glacier à un débit de 50 m3 par seconde. De quoi remplir une piscine olympique en une minute. Cette eau vive affaiblit le géant qui risque de perdre une plaque de 5 millions




