Marie, 26 ans, garde d'enfants, et Johan (1), 24 ans, opérateur sur machine à Toyota-Onnaing près de Valenciennes, habitent Lomme, près de Lille. Elle gagne 1 000 euros, lui 1 500, il travaille de nuit «pour gagner plus». Sans enfant, non-imposables, ils ne partent pas en vacances. Longtemps, Johan s'est tapé seul l'aller-retour jusqu'à l'usine, 300 euros de carburant par mois. Depuis l'été, il rejoint trois collègues le matin à Lesquin, pour du covoiturage. Résultat : encore 160 euros par mois. Toyota verse une prime de transport de 30 euros. Marie s'occupe du petit déjeuner de jeunes enfants à Halluin, à 24 km de Lomme. Impossible d'y aller en bus, il faut la voiture pour les conduire à l'école, loin. Ces allers-retours lui coûtent 75 euros par mois. L'après-midi, elle s'occupe d'enfants à Lille, à 5 km, 15 euros de carburant. Leur chauffage au gaz coûte autour de 50 euros par mois.
Il faudra désormais ajouter environ 150 euros de taxe carbone annuelle. Ils percevront 76 euros de chèque vert. Peut-être une vingtaine d'euros de plus, si le travail de nuit de Johan est pris en compte. «Une taxe de plus. C'est pas cool, soupire Marie. On est les pigeons. On nous dit de travailler plus, mais on travaille pour payer. C'est comme si on nous volait nos sous. Comme si on était punis d'avance.» Elle y gagne si elle se met au vélo entre Lomme et Lille. «Ça fait quelque temps que j'y pense.» Elle économiserait 180 euros de carburant, et 6 euros de t




