La voilà donc sortie au grand jour, cette taxe carbone, après deux ans dans les placards du Grenelle et deux mois de cafouillages et de polémiques. En présentant, hier dans l'Ain, la taxe carbone, Nicolas Sarkozy s'est livré à un joli numéro d'équilibriste : annoncer une grande première fiscale, réclamée par les écologistes, tout en rassurant un électorat (et des élus) peu portés sur l'impôt, fût-il vert. A arbitrer au milieu, s'est attiré des réactions plutôt de déceptions des associations environnementales et des Verts : «dramatique manque d'ambition» pour Greenpeace, «insuffisances» pour le WWF ou encore «rendez-vous raté» (Yannick Jadot, Europe Ecologie). Il n'en reste pas moins que le projet est une véritable innovation fiscale. Décryptage.
Tout le monde paiera
Pas de surprise de ce côté-là : la taxe carbone balaie large. Tous les ménages y seront soumis, ainsi que les entreprises (sauf les plus émettrices, déjà soumises au système de quotas européens). Ce sont donc les deux tiers des émissions françaises qui sont visées par la taxe, qui portera sur le pétrole, le gaz et le charbon. Si le Président a assuré qu’il était prêt à ouvrir des discussions avec des secteurs économiques fragiles et très dépendants du pétrole (agriculture, pêche, transport), il n’est pour le moment pas question d’exemption complète. Une piste de travail serait d’accorder une ristourne à ces entreprises si elles s’engagent dans des actions de réduction d’é




