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DECRYPTAGE

Retraitement, mode d’emploi

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La France est un des rares pays nucléarisés à avoir opté pour le recyclage des déchets nucléaires. Un choix coûteux, et critiqué pour ses risques.

Publié le 12/10/2009 à 0h00

Les allées et venues de matières nucléaires entre la France et la Russie sont la conséquence d’un choix industriel : celui du retraitement-recyclage. Un choix contesté car peu efficace des points de vue technique, écologique et économique.

Quelle différence entre un déchet et une matière radioactive?

Un déchet radioactif est une matière radioactive dont aucun usage n'est prévu, et dont le largage dans l'environnement est interdit. Ces déchets couvrent une large gamme de substances solides, liquides ou gazeuses, plus ou moins radioactives et plus ou moins dangereuses. La majeure partie provient de l'industrie électronucléaire et, tous les trois ans, l'Agence nationale de gestion des déchets radioactifs (Andra) en publie un inventaire assez exhaustif. Mais en matière de nucléaire, tout est affaire de sémantique. En France, les substances radioactives déjà utilisées sont considérées non comme des déchets, mais comme des matières valorisables (le plutonium, l'uranium de retraitement, l'uranium appauvri…). Voilà pourquoi les industriels du secteur qualifient l'uranium laissé en Russie de «matière radioactive» et non de déchet. Ces containers ne tombent donc pas sous le coup de la convention de Bâle, qui interdit l'exportation de déchets industriels dangereux.

Pourquoi retraite-t-on les déchets?

Le retraitement trouve sa justification dans les origines militaires du nucléaire, car retraiter du combustible revient à obtenir du plutonium. Et p

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