«Pitoyable !» C'est ce que confie le directeur du laboratoire de météorologie dynamique (CNRS, université Pierre-et-Marie-Curie), Hervé Le Treut, lorsqu'on lui demande son sentiment sur ce «Climategate» qui affole Internet depuis dix jours. Après le piratage du Climate Research Unit de l'université d'East Anglia (Royaume-Uni) par des hackers, des centaines de mails envoyés ou reçus durant treize ans par l'équipe de Phil Jones, son directeur, ont été déversés sur le Web. Se jetant dessus comme la vérole sur le bas clergé, des climatosceptiques ont cru y trouver la preuve du scandale : les scientifiques auraient triché, bidonné des courbes, comploté pour empêcher leurs détracteurs de s'exprimer. La rumeur est montée assez haut pour que des membres du Parti républicain au Congrès américain se prononcent contre la loi climat d'Obama, puisque la science qui la sous-tend est «douteuse».
«Trick». Tout ce ramdam repose sur quelques mots sortis de leur contexte. Ainsi Phil Jones aurait félicité un collègue pour avoir introduit une «astuce» - trick, avait-il écrit, qui peut se traduire aussi par triche - dans une courbe de températures sur les derniers 1 000 ans pour «masquer le déclin». Une tricherie ? Que nenni : juste l'ajout des températures mesurées par thermomètres depuis les années 60 afin de compléter un graphique fondé sur la dendrochronologie (cernes des arbres). C'est pour corriger une des séries utilisées - connu




