Si tous les chefs d’Etat du monde s’apprêtent à converger vers Copenhague, il y a moins de vingt ans que la question climatique est à l’agenda international. Vingt années d’espoirs souvent déçus.
1992 tout commence à Rio
Rio de Janeiro, juin 1992. Cette fois, c'est du sérieux. La Terre a la fièvre, et le monde a enfin décidé d'agir. Bien sûr, cette première grand-messe n'est pas exclusivement consacrée au climat. Mais qu'importe. Le sujet est sur la table du sommet de la Terre. «Le sujet était important mais nous étions dans une ambiance festive, se souvient le député vert Yves Cochet. ONG, représentants de la société civile, responsables politiques… Nous avions tous en tête le rapport Brundtland intitulé Notre avenir à tous.» C'est le grand basculement. Ce sommet, il y a longtemps que les experts du Groupement intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) l'attendent. «Depuis ce jour de novembre 1990, où nous avions publié notre premier rapport d'évaluation, selon lequel l'accumulation croissante dans l'atmosphère des gaz à effet de serre (GES) produits par l'activité humaine renforce l'effet de serre naturel», se souvient le Français Jean Jouzel. Les scientifiques du Giec se sentent moins seuls. A Rio, 178 pays ont répondu présent à l'appel de l'ONU. Dix jours plus tard, les chefs d'Etat se succèdent à la tribune du Riocentro. François Mitterrand dit avoir vu à Rio «s'esquisser ce nouvel ordre international qui




