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L’émir n’émet plus

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ParSerge Enderlin
Envoyé spécial à Abou Dhabi
Publié le 07/12/2009 à 0h00

Il est toujours un peu difficile, à Abou Dhabi, de savoir qui décide vraiment. Le cheikh Khalifa ben Zayed al-Nahyan, 64 ans, et ses dix frères et demi-frères gèrent en effet l'émirat comme une entreprise familiale pétrolière et, un jour peut-être, post-pétrolière. «Nous sommes le tout premier pays pétrolier à reconnaître l'importance d'un mode alternatif de production d'énergie», a-t-il lancé il y a trois ans, avant de poser 25 milliards sur la table. Dans la foulée, il a chargé ses conseillers de concevoir un grandiose projet vert. Depuis, on bâtit dans le désert, à la lisière de la capitale des Emirats arabes unis, ce qui devrait devenir, d'ici à 2015, la première ville nouvelle au monde garantie zéro carbone. Masdar («la source», en arabe), «futur paradis des green tech», selon le cheikh, sera la ville du triple zéro : zéro émissions de gaz à effet de serre, zéro déchet, zéro voiture dans ses rues - les 50 000 habitants s'y déplaceront dans des capsules électriques. Masdar sera alimentée par l'énergie solaire, recyclera tous ses déchets pour produire de l'électricité ou des engrais bio destinés aux serres géantes sous lesquelles sera produite une partie importante de son alimentation. «Nous inventons un nouveau monde, un concept total qui intègre toutes les facettes d'une vie sans hydrocarbures, explique Zyed Tassabehji, un ingénieur libanais. Un jour, toutes les villes seront construites ainsi.» Sur le terrain, la réalité est

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