Menu
Libération
CONVERTIS

L’oiseau rare du Kenya

Réservé aux abonnés

ParStéphanie Braquehais
correspondante à Nairobi
Publié le 07/12/2009 à 0h00

Il arrive au rendez-vous en affichant un sourire un peu contrit. «Je suis en retard, mais c'est comme ça ici, avec tous les matatus [bus, ndlr] qui tombent en panne, qui polluent, pas moyen d'arriver à l'heure. Quand je suis allé en Angleterre et que j'ai vu tous ces vélos dans les rues, j'ai vu le chemin qu'on avait encore à parcourir ici !» Avec son visage doux qui lui donne des allures de collégien, Dominic Kimani, 28 ans, a ouvert les yeux sur la nature qui l'entourait lorsqu'un ornithologue du Musée national de Nairobi est intervenu dans sa classe quand il avait 10 ans, pour parler des espèces rares d'oiseaux qui vivaient dans son village du plateau de Kinangop, au sud de la grande forêt des Aberdares dans la province centrale du Kenya.

«Mine d'or». Déjà tout petit, il écoutait sa mère qui lui disait : «Ne fais pas de mal aux oiseaux, ce sont des créatures de Dieu.» Du jour au lendemain, il a décidé de former un groupe d'observation avec d'autres écoliers qui, au fil des années, a pris de l'ampleur et reçu des fonds d'organisations de défense de la nature pour sensibiliser les agriculteurs sur la déforestation des Aberdares, un des principaux châteaux d'eau du Kenya. «Je voulais dire à la communauté qu'ils étaient assis sur une mine d'or - espèces protégées, forêt - qu'il ne fallait pas détruire. Au départ, mes parents étaient affolés de me voir prendre ce chemin. Ils pensaient qu'en tant que fils aîné d'une famille de huit

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique