«Nous sommes optimistes, mais nous n'osons pas espérer.» Il confie ça après coup, plein de dignité, Gyanendra Karki, venu assister, avec trois autres délégués népalais à la cérémonie d'ouverture du sommet de Copenhague. Une 15e conférence sur le climat inaugurée avec gravité devant 1 200 délégués de 192 pays par la projection d'un court métrage catastrophe : une fillette endormie avec son ours blanc, réveillée dans le désert, happée par des vagues.
Réveil. Un show rythmé par des accents de solennité, des appels au réveil, des plaidoyers pour la planète. «Vous êtes dépositaires des espoirs de l'humanité, dit ainsi Lars Løkke Rasmussen, Premier ministre danois dont le pays préside les débats jusqu'au 18 décembre. Le changement climatique ne connaît pas de frontières. Il ne discrimine pas. Il nous affecte tous.»
«Hopenhague» («le port de l'espoir»), comme s'est rebaptisée la ville, ne veut pas croire au cauchemar d'un fiasco. Dans les couloirs, l'effervescence monte pour pousser à un deal visant à limiter à 2 °C la hausse des températures par rapport aux niveaux préindustriels. Codov Mar, universitaire sénégalaise, confie son urgence : «renforcer les capacités en termes de recherche, de formation» et voir enfin la couleur du financement «indépendant de l'aide publique traditionnelle».Et de conclure : «Nous ne sommes pas fautifs, mais c'est nous qui souffrons. Nous n'avons pas de capacité de résilience.»<




