Menu
Libération
INTERVIEW

Abandon de la taxe carbone: «Une grave occasion manquée»

Réservé aux abonnés

Yannick Jadot, le 10 avril 2009. (AFP/Archives)
Publié le 23/03/2010 à 13h55, mis à jour le 23/03/2010 à 13h59

Yannick Jadot (Europe écologie) est député européen. Il était leur chef de file lors du dernier sommet sur le climat à Copenhague. Dans le train pour rejoindre le Parlement européen à Bruxelles, il réagit pour liberation.fr à l'annonce de François Fillon sur l'abandon de fait de la taxe carbone, qui était la mesure phare du Grenelle de l'environnement.

Cet abandon vous surprend-il?

Malheureusement, non. On a bien vu Sarkozy et le gouvernement changer de pied sur l'environnement ces dernières semaines. Après son: «l'environnement, il y en a marre» du Salon de l'agriculture, on arrive sur quelque chose comme «le climat, on s'en fout». Donc, on est dans une situation où les citoyens attendent des actes derrière les discours et ce gouvernement n'a ni la capacité ni l'ambition de contrer les grands lobbys de l'agriculture de l'énergie des transports ou du bâtiment pour engager la transition énergique. Ce faisant, ce sont des centaines de milliers d'emplois et la perspective d'une nouvelle compétitivité de l'économie française qui sont cassées.

Vous avez réellement cru à la mise en place de cette taxe carbone?

Avec la mission Rocard, à un moment, oui. Entre le Grenelle et la mission Rocard, on avait deux compromis qui réunissaient les parties prenantes de ce dossier. Il suffisait que l'Etat joue son rôle pour que cela marche. Malheureusement, Sarkozy a voulu en faire un enjeu de communication personnelle, cristallisant ainsi t

Dans la même rubrique