Karine Gavand est chargée de campagne sur le climat à Greenpeace France. Elle réagit à l'annonce gouvernementale d'abandon de la taxe carbone ce mardi par le Premier ministre François Fillon. Et dénonce l'hypocrisie des arguments avancés pour justifier cet décision.
Comment avez-vous accueilli cette annonce gouvernementale?
Cet enterrement de la taxe carbone deux jours après les régionales et au lendemain de l'approbation du projet de terminal charbonnier de Cherbourg scelle définitivement la mort du Grenelle de l'environnement. Cela témoigne aussi de l'hypocrisie et de la fragilité des ambitions du gouvernement en matière de réchauffement et, plus largement, de protection de l'environnement.
Avez-vous été réellement étonnée?
Difficile de dire que c'est une surprise. Il y a eu plusieurs signaux envoyés en amont de régionales par plusieurs membres de la majorité. Il n'en reste pas moins que c'est une annonce navrante parce qu'il s'agissait de l'annonce majeure du candidat Sarkozy à la présidentielle quand il avait signé le pacte écologique en 2007. Et aussi une des mesures phare du Grenelle de l'environnement.
Tout cela ne réconcilie pas les acteurs de terrain avec les politiques?
Les arguments avancés pour justifier cet enterrement nous paraissent hypocrites. Le projet a été retoqué par le Conseil constitutionnel précisément pour les raisons inverses: il a été estimé que le projet de taxe carbone comptait tellement d'exemptions qu




