D’ordinaire à cette époque de l’année, les plages de Grand Isle devraient se couvrir de serviettes, bouées et parasols : le week-end à venir est celui du Memorial Day, le début de la saison estivale. La mer est à 29 degrés, le soleil dardant, et l’île un des rares endroits de Louisiane où la côte forme une longue bande de sable blond. Mais, cette année, la plage est couverte de petites crottes de pétrole, noires pour les plus anciennes, marron orangé pour les plus fraîches que, sans relâche, la mer dépose sur le sable. Tous les jours depuis une semaine, des équipes de «volontaires» payés par BP ramassent les boulettes, mais tant que le flot continue à s’échapper du puits accidenté, à 80 kilomètres de là, de nouvelles apparaissent.
Colère. Hier, BP a entamé un top kill pour boucher enfin son puits qui fuit depuis le 20 avril : injecter très vite, au rythme de 40 ou 50 barils la minute, une boue lourde dans le bloc obturateur pour tenter d'écraser le flot de pétrole, puis le sceller avec du ciment. En surface, l'opération aurait toutes les chances de réussir, mais elle n'a encore jamais été tentée à cette profondeur, à 1 500 mètres sous l'eau, où la pression et le froid compliquent tout. Hier matin, BP disait attendre encore des résultats d'analyses avant de décider de risquer ou non l'opération. La compagnie estimait avoir «60 à 70%» de chances de réussite, mais redoutait qu'une pression mal calculée puisse encore aggraver la fuite.
Parallèlem




