La semaine dernière, Greenpeace a découvert qu’Areva allait cesser l’envoi d’uranium appauvri en Russie. L’ONG, qui lutte depuis des années contre ces convois, voit dans cette annonce la récompense de sa pugnacité. Pour Areva, il s’agit d’un pétard mouillé car la fin des contrats avec les Russes a été annoncée il y a quatre ans et elle n’est pas imputable à la pression des écologistes. Car il y a une subtilité : on ne parle pas du même uranium. Areva envoie deux types d’uranium en Russie, de l’uranium appauvri et de l’uranium de retraitement, propriété d’EDF. Dans les deux cas, il s’agit de réenrichir ces matières pour les réutiliser.
Dans son éventail de métiers, l'industriel Areva enrichit de l'uranium naturel pour le compte d'EDF et de clients étrangers dans son usine Eurodif du Tricastin. «Pour chaque tonne d'uranium enrichi produite, on obtient 7 à 8 tonnes d'uranium appauvri, faiblement radioactif», explique Yves Marignac, expert indépendant chez Wise. Dans ces conditions, le stock s'alourdit, pour atteindre aujourd'hui 260 000 tonnes. Depuis des années, Areva a passé des accords commerciaux avec la société russe Tenex afin de se délester de ce stock et réenrichir cette matière. Français, Néerlandais ou Allemands, beaucoup ont eu recours à la technologie russe. Dès 2006, le consortium Rosatom avait annoncé la fin de ces contrats.
Mais l’affaire des exportations en Russie est à multiples tiroirs. Un autre type d’uranium est convoyé vers la Russie : de l’uranium d




