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Libération
Reportage

«Pas de pardon possible» à Grand Isle

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Pour le parc naturel comme pour les habitants, la marée noire a été dévastatrice.

ParLorraine Millot
Washington, de notre correspondante
Publié le 12/06/2010 à 0h00

Ici, la couche de pétrole est assez fine : on peut voir en transparence un crabe et des bernard-l'hermite bouger encore sous le voile d'hydrocarbures. Survivront-ils ? «Personne ne le sait, soupire Tamara Augustine, manager du parc naturel de Grand Isle, qui fait visiter sa lagune infestée de pétrole. Le plus troublant pour nous, c'est qu'on ne sait pas encore grand-chose des effets que pourra avoir le pétrole à long terme sur la nature.»

Du grèbe à bec bigarré au quiscale des marais, en passant bien sûr par les pélicans, hérons et aigrettes, une bonne centaine d'espèces d'oiseaux habitent ce parc ou viennent y faire escale lors de leurs migrations. A l'œil nu on peut les observer ces jours-ci plonger le bec pour pêcher dans une eau légèrement teintée par le pétrole ou fouiner sur la plage, entre les boulettes de goudron. Déjà un millier d'animaux, oiseaux, tortues et dauphins ont été retrouvés morts dans la zone contaminée par le pétrole qui continue de se répandre au large de la Louisiane. Mais l'essentiel des dégâts est encore «invisible», soulignent les riverains du golfe. «Les crabes, les huîtres ou les crevettes vivent tous au fond de la mer, là même où l'on est en train de faire tomber le pétrole à l'aide des dispersants, pour que personne ne le voie», s'insurge Joe, un pêcheur de crevettes obligé de rester anonyme car il participe aux opérations de nettoyage payées par British Petroleum (BP), et son contrat lui interdit de parler au

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