Ils étaient des milliers, samedi, à bloquer des routes, renverser des voitures, attaquer des usines, à Fatullah, dans le sud de Dacca. Encore des milliers, lundi, à jeter des pierres contre la police, monter des barricades et crier à l'injustice. Depuis le début de l'année, plus de 70 actions du même genre ont eu lieu. Les ouvriers du textile au Bangladesh sont en révolte. Ils dénoncent la proposition d'un nouveau salaire minimum mensuel dans l'industrie de l'habillement de 3 000 takas (33 euros). «Dérisoire et indécent», fustigent syndicats et ONG. «Irréaliste de demander plus», rétorque le gouvernement, dont le conseil national des salaires a déjà proposé une hausse de 80% le 27 juillet. «On travaille quatorze heures par jour, parfois sept jours sur sept, et on ne peut plus nourrir nos familles», raconte à Libération Amirul Haque Amin, président de la National Garment Workers Federation.
Inflation. Lorsque le salaire minimum mensuel de 18 euros a été adopté en 2006, dernière hausse en date, il permettait à peine de survivre . «Mais depuis quatre ans, les prix des aliments de base ont quasiment doublé et certains, comme l'huile ou le riz, triplé», note un expert d'une institution onusienne basée à Dacca. Hier, le bureau des statistiques confirmait que pour le seul mois de mai, l'inflation avait encore bondi de 8,65% ; les prix alimentaires de 10,7%. Plus de 40% de la population ne vit pourtant qu'avec 1 dollar par




